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Cobi apparaît en 1992 comme la mascotte officielle des Jeux Olympiques de Barcelone, et provoque immédiatement une rupture esthétique et culturelle dans l’histoire des mascottes olympiques. Là où les précédentes figuraient des animaux réalistes ou des symboles consensuels, Cobi assume une approche graphique radicalement moderne, presque provocatrice, inspirée de l’art contemporain et du dessin abstrait.
Créé par le designer catalan Javier Mariscal, Cobi représente un chien stylisé aux formes anguleuses et volontairement naïves. Son design minimaliste, aux lignes irrégulières et au regard décentré, déroute autant qu’il intrigue. Ce choix artistique marque la volonté de Barcelone d’affirmer son identité créative et son ouverture à la modernité, loin des conventions figées.
Narrativement, Cobi n’est pas conçu comme un simple symbole sportif. Il incarne un état d’esprit : convivialité, spontanéité et humour. Sa posture décontractée, souvent représentée dans des situations quotidiennes ou sportives, le rapproche du public. Cobi n’impressionne pas, il sympathise.
Visuellement, la mascotte tranche avec les codes habituels. Absence de proportions réalistes, couleurs franches, silhouettes simplifiées : Cobi semble tout droit sorti d’un carnet de croquis. Cette esthétique reflète l’influence du design européen des années 80-90, mêlant bande dessinée, illustration et art urbain.
Sur le plan culturel, Cobi devient rapidement un symbole fort des Jeux de Barcelone, eux-mêmes considérés comme un tournant majeur dans l’histoire olympique moderne. La mascotte accompagne une explosion de produits dérivés, d’animations et même de séries télévisées, renforçant sa présence bien au-delà de l’événement sportif.
Thématiquement, Cobi incarne une nouvelle manière de représenter les Jeux Olympiques. Il ne met pas en avant la performance ou la grandeur, mais la proximité, la fête et l’inclusivité. Il traduit l’idée que les Jeux sont aussi une célébration culturelle, sociale et artistique.
Cobi reste aujourd’hui l’une des mascottes olympiques les plus mémorables. Un personnage qui a osé rompre avec la tradition, transformer la mascotte en œuvre graphique, et inscrire les Jeux de 1992 dans une modernité joyeuse et durable.
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